Déclaration de revenus des salariés et pensionnés, déduction forfaitaire de 10 % ou frais réels, comparer, frais déductibles, justificatifs et recours
Rédigé par Claire Delattre.
- Pour les traitements et salaires, la déduction pour frais professionnels est en principe calculée forfaitairement, à 10 % du revenu brut après défalcation de certaines cotisations, avec une limite et un minimum fixés par la loi (article 83, 3°, du Code général des impôts). Les bénéficiaires de traitements et salaires sont aussi admis à justifier du montant de leurs frais réels, soit dans la déclaration de revenus prévue à l'article 170, soit par une réclamation adressée au service des impôts dans le délai prévu par le livre des procédures fiscales (article 83, 3°).
- Les frais de déplacement entre le domicile et le lieu de travail sont admis sur justificatifs, en principe dans la limite des quarante premiers kilomètres, sauf circonstances particulières liées à l'emploi, et leur évaluation peut s'appuyer sur un barème fixé par arrêté (article 83, 3°). Les pensions et retraites relèvent d'un abattement distinct de 10 %, plafonné et assorti d'un minimum (article 158, 5, a).
- Comparer les deux méthodes consiste à rapprocher le montant de la déduction forfaitaire de vos frais réels justifiés. Si la déclaration ou l'avis d'imposition contient une erreur, une réclamation reste possible.
Déduction forfaitaire de 10 % ou frais réels, de quoi parle-t-on ?
En bref. Pour calculer le revenu imposable tiré de vos salaires, une déduction pour frais professionnels est appliquée. La loi la fixe d'abord de façon forfaitaire, et ouvre aussi la possibilité de justifier vos frais réels.
Cet article s'adresse aux salariés, agents publics et pensionnés qui remplissent leur déclaration de revenus et se demandent comment la déduction pour frais professionnels s'applique. Il présente la déduction forfaitaire, les frais réels, la manière de comparer les deux, les frais de déplacement entre le domicile et le travail, le cas des repas et du télétravail, les justificatifs, l'indication de l'option sur la déclaration et les recours. Il suppose que vous connaissiez la déclaration elle-même, que présentent nos articles sur la déclaration de revenus et sur la déclaration des revenus 2025.
Il ne traite ni les barèmes de l'impôt, que présente notre article sur les barèmes de l'impôt sur le revenu, ni le taux du prélèvement à la source, ni les revenus des travailleurs indépendants, dont les frais obéissent à d'autres règles. Les règles sont celles du Code général des impôts, et l'administration publie sur impots.gouv.fr ses instructions et ses barèmes, auxquels il convient de se reporter pour l'année de vos revenus.
La déduction forfaitaire de 10 %, comment fonctionne-t-elle ?
En bref. La déduction pour frais professionnels est calculée forfaitairement à 10 % du revenu brut, après défalcation de certaines cotisations, avec une limite maximale et un minimum.
Selon l'article 83, 3°, du Code général des impôts, les frais inhérents à la fonction ou à l'emploi, lorsqu'ils ne sont pas couverts par des allocations spéciales, sont déduits du revenu brut. La déduction est calculée forfaitairement en fonction du revenu brut, après défalcation des cotisations, contributions et intérêts mentionnés aux 1° à 2° ter du même article, et elle est fixée à 10 % du montant de ce revenu.
- Limite maximale. Dans le texte en vigueur en octobre 2026, elle est limitée à 14 555 € pour l'imposition des rémunérations perçues en 2025. Chaque année, le plafond retenu pour l'imposition des revenus de l'année précédente est relevé dans la même proportion que la limite supérieure de la première tranche du barème de l'impôt sur le revenu.
- Minimum. Dans le même texte, la déduction forfaitaire ne peut être inférieure à 509 €, sans pouvoir excéder le montant brut des traitements et salaires. Cette disposition s'applique séparément aux rémunérations perçues par chaque membre du foyer fiscal désigné aux 1 et 3 de l'article 6. Le texte précise que cette somme est révisée chaque année dans la même proportion que la limite supérieure de la première tranche du barème.
Les montants évoluent donc d'une année à l'autre. Reportez-vous à impots.gouv.fr pour ceux qui s'appliquent aux revenus que vous déclarez.
Les frais réels, ce que prévoit la loi
En bref. Les bénéficiaires de traitements et salaires sont admis à justifier du montant de leurs frais réels, dans la déclaration ou par réclamation.
L'article 83, 3°, prévoit que les bénéficiaires de traitements et salaires sont également admis à justifier du montant de leurs frais réels, soit dans la déclaration visée à l'article 170, soit sous forme de réclamation adressée au service des impôts dans le délai prévu aux articles R* 196-1 et R* 196-3 du livre des procédures fiscales. Ces frais doivent être inhérents à la fonction ou à l'emploi et ne pas être couverts par des allocations spéciales. L'administration précise sur impots.gouv.fr ce que recouvre cette notion, et un frais couvert par une allocation de votre employeur ne se déduit pas une seconde fois.
Le texte prévoit aussi que le montant des frais réels à prendre en compte au titre de l'acquisition des immeubles, des véhicules et autres biens dont la durée d'utilisation est supérieure à un an s'entend de la dépréciation que ces biens ont subie au cours de l'année d'imposition. Autrement dit, l'achat d'un véhicule ne se déduit pas d'un seul coup pour son prix d'achat.
Le même article assimile à des frais professionnels réels les dépenses exposées en vue de l'obtention d'un diplôme ou d'une qualification professionnelle par les personnes tirant un revenu de la pratique d'un sport, dans la perspective d'une insertion ou d'une conversion professionnelle. Il admet aussi, sur justificatifs, les frais, droits et intérêts d'emprunt versés pour acquérir ou souscrire des parts ou des actions d'une société dans laquelle le salarié ou le dirigeant exerce son activité professionnelle principale, dès lors que ces dépenses sont utiles à l'acquisition ou à la conservation de ses revenus, dans les conditions que le texte détaille. Il écarte toutefois la déduction des intérêts pour la fraction des versements ayant donné lieu aux réductions d'impôt des articles 199 terdecies-0 A, 199 terdecies-0 AB ou 199 terdecies-0 B, ou investis dans un plan d'épargne en actions ou un plan d'épargne salariale.
Comment comparer les deux méthodes
En bref. Il s'agit de rapprocher deux montants, la déduction forfaitaire qui s'appliquerait à vos revenus et le total de vos frais réels justifiés. Aucune des deux n'est présentée comme préférable.
- Calculez la déduction forfaitaire. Partez de votre revenu brut, retranchez les cotisations, contributions et intérêts mentionnés aux 1° à 2° ter de l'article 83, appliquez 10 %, puis tenez compte de la limite maximale et du minimum prévus par le texte pour l'année concernée.
- Additionnez vos frais réels. Reprenez poste par poste les frais inhérents à votre emploi que vous avez réellement supportés dans l'année, en excluant ceux que couvre une allocation spéciale de votre employeur, et évaluez les déplacements selon les règles de la section suivante.
- Rapprochez les deux totaux. Le texte ouvre aux bénéficiaires de traitements et salaires la possibilité d'opter pour le régime des frais réels, à côté de la déduction forfaitaire. Les modalités précises de leur articulation figurent dans les instructions de l'administration, consultables sur impots.gouv.fr.
- Pensez à la situation du foyer. Le minimum de la déduction forfaitaire s'applique séparément aux rémunérations de chaque membre du foyer fiscal visé par le texte. Pour savoir si le choix des frais réels s'exerce membre par membre, reportez-vous aux consignes de l'administration.
Ce comparatif est un exercice de calcul. Nous ne disons pas quelle option retenir, et impots.gouv.fr vous permet de vérifier le résultat pour votre situation. Un point peut peser dans la comparaison, le crédit d'impôt pour cotisations syndicales ne s'applique pas aux bénéficiaires de traitements et salaires admis à justifier du montant de leurs frais réels (article 199 quater C).
Déplacements entre le domicile et le lieu de travail
En bref. Ces frais sont admis sur justificatifs, en principe dans la limite des quarante premiers kilomètres. Leur évaluation peut s'appuyer sur un barème fixé par arrêté.
Selon l'article 83, 3°, les frais de déplacement de moins de quarante kilomètres entre le domicile et le lieu de travail sont admis, sur justificatifs, au titre des frais professionnels réels. Lorsque la distance est supérieure, la déduction admise porte sur les quarante premiers kilomètres, sauf circonstances particulières notamment liées à l'emploi justifiant une prise en compte complète, que vous devez pouvoir établir. Le barème est une méthode d'évaluation et ne dispense pas de justifier la réalité des trajets. Les frais de déplacement engagés par un passager au titre du partage des frais dans le cadre d'un covoiturage défini à l'article L. 3132-1 du code des transports sont admis, sur justificatifs, au titre des frais professionnels réels.
Le texte prévoit que, lorsque les bénéficiaires optent pour le régime des frais réels, l'évaluation des frais de déplacement, autres que les frais de péage, de garage ou de parking et d'intérêts annuels afférents à l'achat à crédit du véhicule utilisé, peut s'effectuer sur le fondement d'un barème forfaitaire fixé par arrêté du ministre chargé du budget. Ce barème tient compte de la puissance administrative du véhicule, retenue dans la limite maximale de sept chevaux, du type de motorisation et de la distance annuelle parcourue. Les montants de ce barème ne figurent pas dans la loi. Consultez celui de l'année de vos revenus sur impots.gouv.fr.
Si vous ne faites pas application du barème, les frais réels déductibles, hors péage, garage, parking et intérêts annuels du crédit du véhicule, ne peuvent excéder le montant qui serait admis en application du barème, à distance parcourue identique, pour un véhicule de la puissance administrative maximale retenue par le barème. Les frais de péage, de garage ou de parking et les intérêts du crédit sont donc traités à part, ce que le texte précise.
Repas, télétravail, matériel, que dire de ces frais ?
En bref. Le texte de l'article 83 pose le principe des frais inhérents à la fonction ou à l'emploi. Les règles détaillées sur les repas, le télétravail ou le matériel relèvent des instructions de l'administration.
L'article 83, 3°, ne mentionne ni les repas pris hors du domicile, ni le télétravail, ni le matériel de bureau à domicile, ni les vêtements professionnels. Leurs conditions de déduction, les justificatifs attendus et les éventuelles évaluations forfaitaires ne sont donc pas fixés par ce texte, et les allocations de votre employeur viennent en déduction. Nous ne donnons aucun montant pour ces frais, et vous ne devez rien déduire sans avoir vérifié la position de l'administration. Reportez-vous à la documentation de l'administration sur impots.gouv.fr, qui précise ce qui est admis et dans quelles limites.
Quel que soit le poste, la même logique s'applique. La dépense doit être inhérente à votre emploi, vous devez l'avoir supportée vous-même et ne pas avoir été couvert par une allocation spéciale de votre employeur, et vous devez pouvoir en justifier le montant (article 83, 3°).
Quels justificatifs réunir
En bref. Le texte exige de justifier le montant des frais réels et mentionne expressément des justificatifs pour certains frais. Constituez un dossier poste par poste.
- Déplacements. Le texte admet les frais de déplacement domicile-travail sur justificatifs. Conservez de quoi établir la distance parcourue, les jours travaillés et les caractéristiques du véhicule retenues pour le barème, ainsi que les justificatifs de péage, de garage ou de parking et du crédit si vous les déduisez à part.
- Autres frais. Conservez les factures, tickets, relevés bancaires et contrats correspondant à chaque dépense, avec la date, le montant et le lien avec votre emploi.
- Remboursements de l'employeur. Conservez les bulletins de paie et les notes de frais qui montrent ce que votre employeur a pris en charge, puisque le texte ne retient que les frais non couverts par des allocations spéciales.
- Biens durables. Pour un véhicule ou un autre bien utilisé plus d'un an, conservez de quoi établir sa date d'acquisition, son prix et le calcul de la dépréciation de l'année.
L'article 83 ne fixe pas la durée pendant laquelle les justificatifs doivent être gardés. Les délais utiles relèvent du livre des procédures fiscales et des consignes de l'administration, à consulter sur impots.gouv.fr, et, à titre pratique, conservez vos pièces au moins aussi longtemps que votre réclamation reste possible.
Indiquer l'option sur la déclaration
En bref. Les frais réels se justifient dans la déclaration de revenus ou par réclamation. Les cases et rubriques à remplir sont décrites sur impots.gouv.fr.
Le texte de l'article 83, 3°, prévoit que le montant des frais réels est justifié soit dans la déclaration visée à l'article 170, soit sous forme de réclamation au service des impôts. L'article 170, 1, impose à toute personne imposable à l'impôt sur le revenu de souscrire une déclaration détaillée de ses revenus et bénéfices, de ses charges de famille et des autres éléments nécessaires au calcul de l'impôt. Les époux doivent conjointement signer la déclaration d'ensemble des revenus de leur foyer (article 170, 1 bis).
Le numéro des cases et l'écran à utiliser, en déclaration en ligne comme sur papier, changent d'une année à l'autre et ne figurent pas dans la loi. Au moment de remplir la déclaration, repérez dans la rubrique des traitements et salaires l'endroit où l'administration invite à renseigner le montant des frais réels, puis vérifiez le total reporté avant de valider. Si vous avez oublié d'opter, la possibilité de réclamation prévue par l'article 83 reste ouverte dans le délai du livre des procédures fiscales.
Le cas des pensions et retraites
En bref. Les pensions et retraites bénéficient d'un abattement de 10 %, plafonné et assorti d'un minimum, prévu par un autre article.
L'article 158, 5, a, prévoit que les pensions et retraites font l'objet d'un abattement de 10 % qui, dans le texte en vigueur en octobre 2026, ne peut excéder 4 439 €, le texte n'indiquant pas l'année d'application de ce montant. Ce plafond s'applique au montant total des pensions et retraites perçues par l'ensemble des membres du foyer fiscal. L'abattement ne peut être inférieur à 454 €, sans pouvoir excéder le montant brut des pensions et retraites, cette disposition s'appliquant au montant perçu par chaque retraité ou pensionné membre du foyer fiscal. Ces sommes sont révisées chaque année selon les mêmes modalités que la limite supérieure de la première tranche du barème, et il convient de vérifier les montants applicables à l'année de vos revenus.
Cet abattement est un mécanisme distinct de la déduction pour frais professionnels de l'article 83, qui vise les bénéficiaires de traitements et salaires. Si vous percevez à la fois des salaires et une pension, chacun de ces revenus relève de son propre régime. L'article 158, 5, a, ne mentionne pas, pour les pensions, la faculté de justifier de frais réels prévue à l'article 83.
Erreur, contrôle et recours
En bref. Des frais réels oubliés peuvent faire l'objet d'une réclamation, et un désaccord sur un impôt déjà établi se conteste dans les formes prévues.
- Oubli ou erreur de votre part. L'article 83 permet de justifier des frais réels par une réclamation adressée au service des impôts dans le délai prévu aux articles R* 196-1 et R* 196-3 du livre des procédures fiscales. Les durées exactes figurent sur impots.gouv.fr et dans notre article sur la contestation d'un impôt, auquel nous vous renvoyons pour la forme de la réclamation, ses délais et les suites possibles.
- Demande de justificatifs. Le texte demande de justifier le montant des frais réels. Un montant non justifié ou excessif peut être écarté par l'administration. Si elle vous interroge, répondez par écrit dans le délai indiqué en joignant les pièces utiles, et conservez une copie de votre envoi.
- Désaccord avec l'administration. Après un redressement ou un refus de prendre en compte des frais, les voies de contestation, les délais et les interlocuteurs sont présentés dans notre article sur la contestation d'un impôt.
Nous ne pouvons examiner aucun dossier individuel, et nous ne garantissons aucun résultat.
Ce que cet article ne couvre pas
Cet article présente des règles générales du Code général des impôts, sans chiffrer les frais de repas, de télétravail ou le barème kilométrique, qui relèvent de l'administration, et il ne dit pas quelle option retenir. Il ne traite pas les travailleurs indépendants, les revenus fonciers, les expatriés, les situations particulières de certaines professions, ni les frais pris en compte par d'autres dispositifs. Les montants cités sont ceux du texte en vigueur en octobre 2026 et sont révisés chaque année, reportez-vous aux sources officielles pour l'année de vos revenus. Cet article est rédigé avec l'assistance d'une intelligence artificielle, à partir des textes cités.
Questions fréquentes
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Rédaction assistée par intelligence artificielle sous supervision éditoriale.