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Garanties légales

Malfaçons après des travaux, les garanties du bâtiment

Mis à jour septembre 2026 Textes vérifiés le 24 septembre 2026

Rédigé par Julien Mercier, rédaction assistée par intelligence artificielle sous supervision éditoriale.

Image générée par IA, un casque de chantier, un niveau à bulle, des plans enroulés et une clé sur un bureau sombre.
L'essentiel
  • Tout constructeur d'un ouvrage est responsable de plein droit des dommages, même résultant d'un vice du sol, qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination : c'est la garantie décennale, qui court dix ans à compter de la réception des travaux (articles 1792 et 1792-4-1 du Code civil).
  • Pendant l'année qui suit la réception, l'entrepreneur doit réparer tous les désordres que vous avez signalés, par réserves au procès-verbal de réception ou par notification écrite ultérieure : c'est la garantie de parfait achèvement (article 1792-6). Les autres éléments d'équipement de l'ouvrage bénéficient en outre d'une garantie de bon fonctionnement de deux ans (article 1792-3).
  • Pour les travaux de construction, une assurance dommages-ouvrage doit être souscrite par le maître de l'ouvrage avant l'ouverture du chantier ; elle permet une indemnisation rapide, sans attendre qu'une responsabilité soit établie (article L. 242-1 du Code des assurances).

Quelles sont les trois garanties applicables aux malfaçons ?

En bref. Trois garanties légales protègent le maître d'ouvrage après des travaux de construction : la garantie de parfait achèvement (un an), la garantie de bon fonctionnement (deux ans) et la garantie décennale (dix ans). Toutes courent à compter de la réception des travaux.

La réception est l'acte par lequel vous déclarez accepter l'ouvrage, avec ou sans réserves. Elle intervient à l'amiable ou, à défaut, judiciairement, et est en tout état de cause prononcée contradictoirement (article 1792-6 du Code civil). C'est la date de cette réception qui fait courir les trois délais de garantie décrits ci-dessous, ce qui rend la date de réception déterminante en cas de malfaçons constatées après des travaux.

La garantie de parfait achèvement, un an pour tout signaler

Pendant un délai d'un an à compter de la réception, l'entrepreneur doit réparer tous les désordres que vous avez signalés, soit par des réserves mentionnées au procès-verbal de réception, soit par notification écrite pour ceux révélés après la réception (article 1792-6). Les délais d'exécution des réparations sont fixés d'un commun accord ; à défaut d'accord, ou en cas d'inexécution dans le délai fixé, les travaux peuvent être exécutés aux frais et risques de l'entrepreneur défaillant, après une mise en demeure restée infructueuse.

Cette garantie ne s'étend pas aux désordres résultant de l'usure normale ou de l'usage (article 1792-6).

La garantie de bon fonctionnement, deux ans pour les équipements

Les éléments d'équipement de l'ouvrage dissociables de la construction, comme certains équipements de chauffage, de plomberie ou de menuiserie, bénéficient d'une garantie de bon fonctionnement d'une durée minimale de deux ans à compter de la réception (article 1792-3 du Code civil).

La garantie décennale, dix ans pour les dommages les plus graves

Tout constructeur d'un ouvrage est responsable de plein droit, envers le maître ou l'acquéreur de l'ouvrage, des dommages, même résultant d'un vice du sol, qui compromettent la solidité de l'ouvrage, ou qui, l'affectant dans l'un de ses éléments constitutifs ou l'un de ses éléments d'équipement, le rendent impropre à sa destination (article 1792). Le constructeur peut s'exonérer en prouvant que les dommages proviennent d'une cause étrangère.

Cette responsabilité est déchargée dix ans après la réception des travaux, sauf pour les éléments d'équipement relevant de la garantie de bon fonctionnement, où le délai de deux ans s'applique à la place (article 1792-4-1). Passé ce délai de dix ans, l'action fondée sur cette garantie n'est plus recevable.

L'assurance dommages-ouvrage, une indemnisation plus rapide

Toute personne qui, en qualité de propriétaire de l'ouvrage, fait réaliser des travaux de construction, doit souscrire avant l'ouverture du chantier une assurance dommages-ouvrage garantissant le paiement des réparations relevant de la garantie décennale, en dehors de toute recherche de responsabilités (article L. 242-1 du Code des assurances). L'assureur dispose d'un délai maximal de soixante jours à compter de la déclaration de sinistre pour notifier sa décision, puis, en cas d'acceptation, d'un délai maximal de quatre-vingt-dix jours pour présenter une offre d'indemnité, le règlement intervenant sous quinze jours après acceptation par l'assuré.

Cette assurance vous permet d'être indemnisé rapidement sans attendre l'issue d'un procès contre le constructeur responsable, l'assureur se retournant ensuite lui-même contre ce dernier.

Ces garanties s'appliquent-elles à de petits travaux ou une simple réparation ?

Les trois garanties décrites ci-dessus supposent un véritable ouvrage de construction. De petits travaux d'entretien ou de réparation, qui ne relèvent pas de la construction d'un ouvrage au sens de l'article 1792, ne sont pas couverts par ce régime spécifique. Ils relèvent du droit commun des contrats : les conventions légalement formées tiennent lieu de loi entre les parties (article 1103 du Code civil), et leur inexécution engage la responsabilité contractuelle de l'artisan, à charge pour vous de démontrer le manquement et le préjudice qui en résulte (article 1231-1).

Les démarches concrètes et ce que cet article ne couvre pas

  • notez la date exacte de réception des travaux, amiable ou judiciaire : elle fait courir les trois délais de garantie ;
  • signalez par écrit toute malfaçon constatée, même mineure, dans l'année qui suit la réception, pour rester couvert par la garantie de parfait achèvement ;
  • en cas de désordre grave apparaissant plus tard, vérifiez si vous avez souscrit une assurance dommages-ouvrage et déclarez le sinistre sans délai ;
  • conservez le contrat, les factures, le procès-verbal de réception et toutes les correspondances avec l'artisan ou l'entreprise.

Cet article ne détaille pas la garantie biennale et décennale propre aux professionnels non constructeurs au sens de l'article 1792-1, ni les règles spécifiques à la vente d'immeuble à construire.

Questions fréquentes

Combien de temps ai-je pour agir après des malfaçons ? Cela dépend de la garantie concernée. La garantie de parfait achèvement dure un an, la garantie de bon fonctionnement des équipements deux ans, et la garantie décennale pour les dommages compromettant la solidité ou la destination de l'ouvrage dure dix ans, tous ces délais courant à compter de la réception des travaux (articles 1792, 1792-3, 1792-4-1 et 1792-6 du Code civil).
Qu'est-ce que la réception des travaux, et pourquoi est-elle si importante ? C'est l'acte par lequel vous déclarez accepter l'ouvrage, avec ou sans réserves, à l'amiable ou judiciairement. C'est la date de cette réception qui fait courir les délais des trois garanties du bâtiment (article 1792-6 du Code civil).
L'assurance dommages-ouvrage est-elle obligatoire ? Oui, pour toute personne qui, en qualité de propriétaire de l'ouvrage, fait réaliser des travaux de construction : elle doit souscrire cette assurance avant l'ouverture du chantier (article L. 242-1 du Code des assurances).
Quel est l'intérêt de l'assurance dommages-ouvrage si la garantie décennale existe déjà ? Elle permet une indemnisation rapide, sans attendre qu'un tribunal établisse la responsabilité du constructeur : l'assureur dispose de délais maximaux de soixante puis quatre-vingt-dix jours pour se prononcer et faire une offre d'indemnité (article L. 242-1).
Une simple réparation de plomberie est-elle couverte par la garantie décennale ? Pas nécessairement. Les garanties du bâtiment supposent un véritable ouvrage de construction au sens de l'article 1792 du Code civil. De petits travaux d'entretien ou de réparation relèvent du droit commun des contrats, notamment de la responsabilité contractuelle pour inexécution (articles 1103 et 1231-1).
Que couvre la garantie de bon fonctionnement de deux ans ? Les autres éléments d'équipement de l'ouvrage, dissociables de la construction elle-même, comme certains équipements de chauffage ou de plomberie, pour une durée minimale de deux ans à compter de la réception (article 1792-3 du Code civil).
Puis-je encore agir si les malfaçons apparaissent neuf ans après la réception ? Oui, tant que vous agissez avant l'expiration du délai de dix ans à compter de la réception des travaux, pour les dommages relevant de la garantie décennale (articles 1792 et 1792-4-1 du Code civil).

Voir aussi

Illustration générée par intelligence artificielle