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Défense des
consommateurs
Colis et livraison

Le phishing au faux colis en attente (SMS/e-mail)

Vérifié le 4 octobre 2026

Un SMS ou un e-mail imitant La Poste, Chronopost ou Colissimo réclame le paiement de quelques euros de « frais de livraison » ou de « douane » via un lien frauduleux.

Signes qui doivent vous alerter
Un lien dans le SMS ou l'e-mail qui ne correspond pas au nom de domaine officiel du transporteur, souvent raccourci ou légèrement déformé (lettre remplacée, extension inhabituelle). Une somme à régler très faible, pensée pour ne pas éveiller la méfiance. Une urgence annoncée (colis renvoyé à l'expéditeur sous 24 ou 48 heures). L'absence de numéro de colis précis correspondant à une commande que vous attendez réellement.

Comment fonctionne cette arnaque

Vous recevez un SMS ou un e-mail reproduisant fidèlement la charte graphique d'un transporteur (Colissimo, Chronopost, DPD, UPS...), annonçant qu'un colis est bloqué faute du règlement d'une petite somme (frais de port complémentaires, droits de douane, redirection d'adresse). Le lien mène à un faux site, copie quasi identique du site officiel, qui collecte vos coordonnées bancaires complètes (numéro, date d'expiration, cryptogramme) sous couvert d'un paiement de quelques euros. Ces données sont ensuite utilisées pour des débits bien plus importants, parfois différés de plusieurs jours.

Exemple type

« Colissimo : votre colis n° FR0025XXXX est en attente, 1,99 € de frais de redirection à régler sous 48h sous peine de retour à l'expéditeur : [lien] ». Le lien mène à une page très ressemblante à colissimo.fr, sur un nom de domaine différent, qui demande l'intégralité des informations de la carte bancaire.

Comment ne pas tomber dans le piège

Ne cliquez jamais sur le lien d'un SMS ou d'un e-mail non sollicité annonçant un problème de livraison. Si vous attendez effectivement un colis, allez directement sur le site officiel du transporteur ou utilisez son application, en tapant vous-même l'adresse. Un transporteur ne demande jamais le réglement de frais de douane par un simple lien SMS : les droits de douane, quand ils existent réellement, sont réglés via des procédures officielles clairement identifiées, jamais par SMS.

Vos droits et recours

Si une opération de paiement n'a pas été autorisée par vous (virement, prélèvement ou paiement par carte que vous n'avez pas effectué ou validé), l'article L133-18 du Code monétaire et financier oblige votre banque à vous rembourser immédiatement, au plus tard le jour ouvrable suivant votre signalement, sauf si elle soupçonne une fraude de votre part et le signale par écrit à la Banque de France. La banque peut refuser le remboursement si elle démontre une négligence grave de votre part (article L133-19) : par exemple, avoir communiqué le code secret de votre carte ou les identifiants complets de votre banque en ligne à un tiers, y compris à un faux conseiller. Le simple fait d'avoir été trompé par une mise en scène convaincante n'est pas, en soi, une négligence grave au sens de la loi — c'est à la banque de la démontrer, pas à vous de la réfuter d'emblée. Vous devez signaler l'opération à votre banque sans tarder, et au plus tard dans les treize mois suivant le débit (article L133-24), sous peine de forclusion. Faites opposition sur votre carte ou vos moyens de paiement sans attendre, demandez un écrit confirmant votre réclamation, et déposez plainte (au commissariat, en gendarmerie, ou en ligne) : l'escroquerie est punie de cinq ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende (article 313-1 du Code pénal).

Si vous en êtes déjà victime

Si vous avez saisi vos coordonnées bancaires, faites immédiatement opposition sur votre carte auprès de votre banque. Si un débit a déjà eu lieu, invoquez l'article L133-18 du Code monétaire et financier pour exiger le remboursement. Transférez le SMS frauduleux gratuitement au 33700, ou signalez l'e-mail sur signal-spam.fr, et déposez plainte.
Cette fiche est une information pédagogique, pas un conseil juridique personnalisé. Pour une situation précise, rapprochez-vous d'un professionnel du droit, d'une association de consommateurs agréée, ou utilisez notre outil d'analyse de capture d'écran.