Le faux conseiller bancaire
Vérifié le 4 octobre 2026
Un individu se faisant passer pour votre banque vous appelle pour un « incident de sécurité » et vous pousse à valider une opération frauduleuse vous-même.
Signes qui doivent vous alerter
Un appel non sollicité évoquant une urgence sur votre compte.
Une demande de communiquer un code reçu par SMS ou de valider une notification sur votre application bancaire pendant l'appel.
Une pression pour agir immédiatement, sans vous laisser raccrocher pour vérifier.
Rappel : une banque ne vous demande jamais de lui communiquer un code de validation reçu par SMS, ni de valider une opération « pour l'annuler ».
Comment fonctionne cette arnaque
L'escroc dispose déjà de certaines de vos données (numéro de compte, voire les derniers chiffres de votre carte), souvent obtenues lors d'une fuite de données antérieure. Il vous appelle en se faisant passer pour un conseiller de votre banque, parfois en usurpant le numéro de téléphone réel de l'établissement (spoofing).
Il vous explique qu'une opération suspecte a été détectée sur votre compte et qu'il doit, avec vous, « annuler » ou « sécuriser » l'opération. En réalité, il vous guide pour que vous validiez vous-même, via votre application bancaire ou un code reçu par SMS, un virement vers un compte qu'il contrôle, ou il vous demande de lui communiquer ce code sous prétexte de vérification d'identité.
Exemple type
Vous recevez un appel affichant le numéro habituel de votre banque. Votre interlocuteur connaît votre nom et les quatre derniers chiffres de votre carte, ce qui le rend crédible. Il vous annonce un débit suspect de 850 € en cours en Espagne et vous demande de confirmer sur votre application la notification qui va s'afficher « pour bloquer l'opération ». En réalité, cette notification est une demande de validation d'un virement de 850 € vers son propre compte.
Comment ne pas tomber dans le piège
Raccrochez et rappelez vous-même votre banque, en composant le numéro inscrit sur votre carte ou vos relevés, jamais un numéro communiqué pendant l'appel suspect.
Ne validez jamais une opération sur votre application bancaire pendant un appel non sollicité, quelle que soit l'urgence annoncée.
Ne communiquez jamais un code reçu par SMS à qui que ce soit, y compris à quelqu'un se présentant comme votre banque.
Vos droits et recours
Si une opération de paiement n'a pas été autorisée par vous (virement, prélèvement ou paiement par carte que vous n'avez pas effectué ou validé), l'article L133-18 du Code monétaire et financier oblige votre banque à vous rembourser immédiatement, au plus tard le jour ouvrable suivant votre signalement, sauf si elle soupçonne une fraude de votre part et le signale par écrit à la Banque de France.
La banque peut refuser le remboursement si elle démontre une négligence grave de votre part (article L133-19) : par exemple, avoir communiqué le code secret de votre carte ou les identifiants complets de votre banque en ligne à un tiers, y compris à un faux conseiller. Le simple fait d'avoir été trompé par une mise en scène convaincante n'est pas, en soi, une négligence grave au sens de la loi — c'est à la banque de la démontrer, pas à vous de la réfuter d'emblée.
Vous devez signaler l'opération à votre banque sans tarder, et au plus tard dans les treize mois suivant le débit (article L133-24), sous peine de forclusion. Faites opposition sur votre carte ou vos moyens de paiement sans attendre, demandez un écrit confirmant votre réclamation, et déposez plainte (au commissariat, en gendarmerie, ou en ligne) : l'escroquerie est punie de cinq ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende (article 313-1 du Code pénal).
Si vous en êtes déjà victime
Faites immédiatement opposition sur votre compte et vos moyens de paiement auprès de votre banque (par un canal que vous initiez vous-même).
Exigez un accusé écrit de votre réclamation et invoquez l'article L133-18 du Code monétaire et financier pour le remboursement.
Déposez plainte, et signalez le numéro utilisé au 33700 s'il s'agissait d'un SMS préalable.
Cette fiche est une information pédagogique, pas un conseil juridique personnalisé. Pour une situation précise, rapprochez-vous d'un professionnel du droit, d'une association de consommateurs agréée, ou utilisez notre outil d'analyse de capture d'écran.