L'arnaque à l'investissement et aux crypto-actifs
Vérifié le 4 octobre 2026
Une plateforme d'investissement promet des rendements garantis très élevés, affiche de faux gains, puis bloque tout retrait une fois des sommes importantes versées.
Signes qui doivent vous alerter
Une promesse de rendement garanti, élevé et régulier : aucun investissement légitime ne garantit un rendement, et un rendement très supérieur au marché signale un risque élevé, voire une fraude.
Une pression à investir toujours davantage pour « débloquer » le niveau supérieur ou accéder aux bénéfices.
Des frais ou taxes à régler avant tout retrait, qui ne sont jamais demandés par une plateforme réglementée.
L'absence d'agrément vérifiable auprès de l'Autorité des marchés financiers (AMF) ou de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).
Comment fonctionne cette arnaque
L'escroc, souvent via une publicité sur les réseaux sociaux ou un contact initié après une arnaque sentimentale, présente une plateforme d'investissement (crypto-monnaies, matières premières, trading automatisé) promettant des rendements garantis très supérieurs à ceux du marché.
Un premier petit versement génère de faux gains affichés sur une interface truquée, encourageant à investir des sommes croissantes. Lorsque la victime tente un retrait, des frais ou taxes supplémentaires sont réclamés pour le débloquer ; une fois ces frais payés, de nouveaux obstacles apparaissent, jusqu'à la disparition totale de la plateforme et de l'ensemble des fonds versés.
Exemple type
Après un premier versement de 250 € sur une plateforme de trading automatisé, le tableau de bord affiche rapidement 1 800 € de gains. Au moment de retirer cette somme, la plateforme réclame le règlement d'une « taxe de sortie » de 15 %. Une fois ce montant versé, un nouveau frais est réclamé, puis la plateforme devient inaccessible.
Comment ne pas tomber dans le piège
Vérifiez systématiquement qu'une plateforme d'investissement dispose d'un agrément auprès de l'AMF (liste consultable sur AMF-France.org) ou de l'ACPR avant tout versement.
Méfiez-vous de toute promesse de rendement garanti : par principe, tout investissement comporte un risque de perte, et un professionnel sérieux vous le rappelle toujours.
Ne versez jamais de frais supplémentaires pour débloquer un retrait : c'est le signe caractéristique d'une arnaque déjà bien avancée.
Vos droits et recours
Si une opération de paiement n'a pas été autorisée par vous (virement, prélèvement ou paiement par carte que vous n'avez pas effectué ou validé), l'article L133-18 du Code monétaire et financier oblige votre banque à vous rembourser immédiatement, au plus tard le jour ouvrable suivant votre signalement, sauf si elle soupçonne une fraude de votre part et le signale par écrit à la Banque de France.
La banque peut refuser le remboursement si elle démontre une négligence grave de votre part (article L133-19) : par exemple, avoir communiqué le code secret de votre carte ou les identifiants complets de votre banque en ligne à un tiers, y compris à un faux conseiller. Le simple fait d'avoir été trompé par une mise en scène convaincante n'est pas, en soi, une négligence grave au sens de la loi — c'est à la banque de la démontrer, pas à vous de la réfuter d'emblée.
Vous devez signaler l'opération à votre banque sans tarder, et au plus tard dans les treize mois suivant le débit (article L133-24), sous peine de forclusion. Faites opposition sur votre carte ou vos moyens de paiement sans attendre, demandez un écrit confirmant votre réclamation, et déposez plainte (au commissariat, en gendarmerie, ou en ligne) : l'escroquerie est punie de cinq ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende (article 313-1 du Code pénal).
Si vous en êtes déjà victime
Cessez immédiatement tout versement complémentaire, quelle que soit la somme déjà engagée : les versements déjà effectués ne justifient jamais d'en ajouter d'autres.
Si les paiements ont été effectués par carte bancaire, contactez votre banque pour examiner les recours, en gardant à l'esprit que les plateformes frauduleuses utilisent souvent des prestataires de paiement complexes rendant la contestation plus difficile que pour une fraude bancaire classique.
Déposez plainte et signalez la plateforme à l'AMF (liste noire des sites non autorisés) si elle n'y figure pas déjà.
Cette fiche est une information pédagogique, pas un conseil juridique personnalisé. Pour une situation précise, rapprochez-vous d'un professionnel du droit, d'une association de consommateurs agréée, ou utilisez notre outil d'analyse de capture d'écran.